J’ai assisté à l’expérience (je dirai en effet « expérience » plutôt que « spectacle ») Constellations, le mercredi 11 novembre 2015 (c’était un jour férié). Je n’ai pas adoré ni adhéré, je n’ai pas détesté non plus. J’en ai juste vécu l’expérience.

Constellations offre au spectateur un « parcours en scène » de l’intime, où il devient aussi acteur (ou spectacteur) : il faut qu’il y tienne un rôle, mais qu’il reste à sa place, et si jamais on se prenait trop au jeu ?

La semaine d’après, j’ai rencontré cinq des membres de la troupe Constellations. La troupe Constellations est constituée par les élèves sortants de la promotion VIII de l’école du TNB.

J’ai abordé la rencontre par une question sur la première partie de Constellations, premier acte en théâtre direct où « spectacteurs » et acteurs sont réunis. On se croirait à une réunion des Alcooliques Anonymes. Certains acteurs sont dévoilés et d’autres pas. J’ai alors félicité la troupe pour la mise en scène de l’intervention d’un acteur que j’ai crue jusqu’au bout être l’intervention d’un « spectacteur ». Les acteurs m’ont alors raconté des anecdotes : il est arrivé une fois qu’un spectacteur réagisse avant l’acteur et avec les mêmes arguments. Ici, tout le travail de l’acteur réside alors dans la manière de faire revenir le spectateur au spectacle.

Constellations, dans son écriture, ne laisse pas donc tant de part à l’improvisation de l’acteur qu’à l’imprévision de la réaction du spectacteur, et la manière dont l’acteur ramènera le spectateur au spectacle. Quant aux questions relatives à la mise en scène de Constellations, son lieu (l’ancienne faculté dentaire), et sa durée de quatre heures et demie, et son format, en quatre parties ou quatre actes, les acteurs m’ont expliqué comment ils avaient œuvré à la mise en scène de manière collégiale sous l’égide de Eric Lacascade : chaque acteur a participé à l’écriture de son propre rôle.

La rencontre s’est poursuivie sur une présentation individuelle de chacun des acteurs, et sur la question des 20 ans : ce que c’est d’avoir 20 ans et être en école de théâtre. Ceux qui ont répondu, souhaitaient coûte que coûte être acteurs et être intégrés à une école (mais pas forcément l’école du TNB), ils ont passé beaucoup de concours sur les onze écoles françaises de théâtre, et sont devenus à regret « des bêtes à concours ». En fin de compte, tous ont été reçus à l’école du TNB . Certains ont vécu le fait d’avoir 20 ans et d’être à l’école du TNB comme une seconde adolescence.

Et j’ai terminé la rencontre sur la quatrième partie et dernière partie de Constellations et la question de la nudité au plateau. J’étais en effet ressortie de Constellations avec un questionnement en tête :  Se mettre en scène, ce serait donc se mettre (à) nu ? Psychologiquement ? Physiquement ? Glen Gould disait que la scène, c’était une mise à mort. Je comptais alors sur la rencontre avec quelques un des membres de la troupe Constellations pour une éventuelle réponse à mon questionnement. De fait, les acteurs interprètent la dernière partie, le dernier acte de Constellations, comme le dénouement, l’apaisement de l’intime par l’intime après le conflit de l’intime, et le seul moment où le spectateur est laissé à sa place de spectateur.

Au fait, merci pour Paranoid, le fameux morceau de Black Sabbath (en interlude entre le troisième et dernier acte du spectacle) !

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