Live Report le 17/10/2026 par SAMM, publication le 08/11/2026 sur SAMM Metal Links
En partant en vacances chez ma fille, je ne m’attendais pas à assister à un festival dans la région bordelaise en ce beau mois d’octobre. C’est donc quelques heures avant l’ouverture des portes que j’ai demandé mon accréditation, et je remercie chaleureusement l’orga pour sa souplesse et son accueil. Le lieu est dans la droite ligne des petits festivals que je fréquente de plus en plus. De belles salles bien sonorisées, un merch grand et varié, un espace restauration de qualité, une proximité avec les artistes, qui tous aujourd’hui se font un plaisir de partager du temps avec leur public, une orga sympathique et très cool, jusqu’à nous laisser profiter des lieux bien après la fin des concerts, tout ceci en pleine campagne, c’était un pur bonheur. Le rendez-vous est pris pour la prochaine édition.
Soliferrum
Le premier concert du jour nous met d’emblée dans l’ambiance. Le groupe distille une atmosphère doomesque, portée par la belle voix gutturale de Floran Guillou. L’ensemble est très mélodique avec les solis recherchés de Yoann Roy, mis en valeur par un son et une balance qui mettent en confiance pour les concerts à suivre. L’énergie est soutenue, pas de temps mort. Je découvre qu’un album sort dans quelques jours.
C’est presque tout l’album Aurora qui est joué, je vais l’écouter attentivement en rentrant car les titres que j’ai entendus aujourd’hui, à la fois accessibles et variés, de plus chantés en français, me donnent l’envie d’explorer l’univers de ce groupe bordelais que je ne connaissais pas. Belle découverte pour moi, à approfondir.
Setlist : Soliferrum au Seisach Metal Fest 2026
- Cendres
- Naufrage
- Récifs
- Apnea
- Aurora
- A Terre
- Astre Noir
Skelethal
Je retrouve Skeletal au sommet de sa forme avec un son monstrueux. C’est un déferlement de son, les guitares sont puissantes, les titres s’abattent tel un rouleau compresseur sur un auditoire attentif. J’aime ce groupe que je trouve insuffisamment mis en valeur. Le parallèle entre ce death thrash old school aux guitares hurlantes et cette voix d’outre-tombe fonctionne à merveille.
La setlist couvre l’ensemble des albums et notamment Within Corrosive Continuums sorti en 2024, et qui marque une évolution progressive et atmosphérique, que j’apprécie tout autant que le classique death suédois des débuts. La marque de Skelethal est bien audible et les titres sont toujours très bien construits, c’est sobre, solide et efficace. Je me laisse porter par cette atmosphère qui fait monter la température. Un samedi après-midi en festival avec une affiche qui tient ses promesses, c’est tout ce que j’aime.
Setlist : Skelethal au Seisach Metal Fest 2026
- Creation?
- Torrents of Putrefying Viscosity
- Expelled
- Fatal Abstraction
- Spectrum of Morbidity
- Mesmerizing Flies at the Doors of Death
- On Somber Soil
- Abhorrent Sculptures
- Sidereal Lifespan
- Morbid Ovation
Rüyyn
C’est ainsi que devrait être la vie, une longue suite d’imprévus, de découvertes, comme ce festival que je ne connaissais pas, dans une région où je suis venue à priori pour raisons familiales. Et là, je découvre un groupe qui m’a soulevée de terre instantanément. Une violence sourde contenue gronde et remonte des tréfonds de l’inconscient collectif, je suis en train de faire une belle découverte, je le sens tout de suite. Cette urgence communicative à tout casser me perturbe au point que j’en oublie de prendre des photos. Je suis très, très impressionnée par le niveau et la mise en place millimétrée, c’est bluffant. Ce black metal brut, à fleur de peau me prend aux tripes.
Et que dire des musiciens, le batteur est un fou furieux qui tient les rênes de cette embarcation folle à lui tout seul, la voix est superbe, à vif, elle me cueille complètement. Il n’y a pas un instant de répit, les titres s’enchaînent, crescendo, tant et si bien qu’à la fin du concert, je me précipite vers la scène pour y déverser mon trop plein d’émotions. Très surprise que Rüyyn, qui existe depuis cinq ans, n’ait pas fait davantage parler de lui, j’interroge le groupe et me heurte à un mur : pas d’interview, aucune info. Ce mutisme assumé en dit long sur des projets à court terme dont nous devrions entendre parler très vite, quelque chose me dit que l’heure est proche…
Setlist : Rüyyn au Seisach Metal Fest 2026
Darkenhöld
Darkenhöld me prend comme d’habitude. J’ai une longue histoire avec ce groupe, mon émotion débordant à chaque concert. Mais pas cette fois-ci, le photo-pit n’étant pas le lieu idéal pour ressentir pleinement la musique. Progressif, épique, c’est un condensé de ce que j’aime au plus haut point, et les sonorités et l’univers d’antan ont depuis longtemps créé en moi un attachement indéfectible.
Le concert de ce soir tient encore une fois ses promesses, comme celui au Motocultor l’été dernier. L’univers mystique et inquiétant de Darkenhöld, porté par les compositions mélodiques et si personnelles du très talentueux Aldebaran, ainsi que le charisme et la présence vocale de Cervantes, toujours râpeuse et inquiétante, reste gravé dans la mémoire. Je me love avec délectation dans ce black médiéval old school dont l’imaginaire obscur me tient en haleine.
La ballade des troubadours à travers l’histoire se poursuit, nous sommes bercés dans ce moment suspendu entre les âges, quand le conteur traditionnel Quentin Foureau rejoint le groupe sur « Sortilège Ancestral » pour clôturer ensemble un spectacle captivant. A voir et à revoir sans modération.
Setlist : Darkenhöld au Seisach Metal Fest 2026
- Dans le Cabinet de l’Archimage
- Oriflamme
- Majestic Dusk Over the Sentinels
- Incantations
- Le Cortège Royal
- Sous la Voûte de Chênes
- Mystique de la Vouivre
- Citadel of Obsidian Slumber
- Pour le Royaume
- Sortilège Ancestral
Benighted
Du rentre-dedans. Quiconque a déjà vu Benighted sait de quoi je parle. J’ai l’habitude, je les ai vus souvent. Alors, de temps en temps, je scrute les visages dans le public, et immanquablement je retrouve d’abord cette expression de stupéfaction, ce moment où l’auditeur accuse le coup. Parce que si tu regardes la scène, tu peux croire que tu assistes à un bon concert de deathgrind de bon aloi, exécuté en toute décontraction par des musiciens souriants et sympathiques. Des nounours quoi. Mais Benighted ce n’est pas ça du tout.
Mais qui est alors Benighted ? Un groupe de brutal death oui, c’est un euphémisme. Vider, purger, et remettre les compteurs à zéro, voilà le projet. Cinglant, ciselé, ultra-précis, ce metal extrême de l’extrême convoque la psyché à la barre de l’immédiateté, coupant net toute possibilité de mise à distance, de protection, de déni. C’est l’heure de la piqure et tu es dos au mur. Je réalise en l’écrivant pourquoi j’aime tant ce groupe : c’est une thérapie que je recommande chaudement à tous les adeptes de la procrastination. Et je m’éclate à lire mon propre vécu sur le visage des spectateurs.
Je suis plus que satisfaite de la setlist de ce soir qui balaye l’ensemble du long parcours du groupe. Nous sommes propulsés à Mach 11! dans le hypersonique avec « Nothing Left to Fear », et ça s’enchaîne avec un grind mêlé de hardcore sur « Carnivore Sublime », avec même quelques accents blackisants sur « Scapegoat », pour aussitôt assener le monstrueux « Slut ». Quand commence « Experience Your Flesh », je ne peux m’empêcher de rire et me rappelle ce concert aux 70000 Tons of Metal, près de Tuomas Saukonen, complètement scotché par la prestation du groupe.
Techniquement, on peut parler de performance. La qualité hors pair des musiciens n’est plus à démontrer, en témoigne une renommée internationale qui ne cesse de s’étendre après bientôt trois décennies d’un parcours sans faille. C’est le genre de concert qui fait un bien fou, dont on ressort avec le sourire aux lèvres, prêts pour enchaîner jusqu’au bout de la nuit.
Setlist : Benighted au Seisach Metal Fest 2026
- Collection of Dead Portraits
- Necrobreed
- Nothing Left to Fear
- Carnivore Sublime
- Implore the Negative
- Scapegoat
- Forgive Me Father
- Cum With Disgust
- Collapse
- Slut
- Versipellis
- Experience Your Flesh
- Let the Blood Spill Between My Broken Teeth
Destinity
L’entrée magistrale de Destinity sous les ovations du public, aimanté à la barrière, me place immédiatement dans un état émotionnel intense. Il faut dire que c’est la première fois que je les vois en concert, car entre les horaires rédhibitoires pour moi au Hellfest et mes empêchements successifs pour aller au Lions Metal Fest, je peux enfin découvrir en live un groupe que je suis scrupuleusement depuis très longtemps. D’ailleurs, je suis même un peu inquiète. Vais-je retrouver la même qualité, la même puissance, la même précision que sur mes albums écoutés jusqu’à l’usure ? Je ne vais pas tarder à le savoir. En tout cas, le groupe est rassuré, et moi aussi, de constater que non seulement le public n’a pas déserté après la prestation de Benighted, mais semble avoir gardé ses dernières ressources pour ce dernier concert du festival.
Démarrage en trombe avec « Aiming a Fist in Enmity », le ton est donné et cette tension-là ne faiblira pas jusqu’au bout. D’ailleurs, la moitié des titres joués ce soir viennent de cet excellent album, Resolve in Crimson, que je recommande chaudement aux amateurs de death mélodique. Je suis rassurée par le très bon son, comme tous les concerts de cette journée. Les musiciens sont soudés, en phase, tendus vers le public, bref, on est tous dedans. Ensemble.
La voix de Mick Caesare est fidèle et même semble se patiner sur scène, ce chant puissant, précis, ce grondement profond, soutenu, enveloppe la salle d’une atmosphère brûlante. Nous sommes captés. Et ce que j’aime par-dessus tout, ici pas de chichi, pas de cinéma, le groupe se présente tel quel, en toute simplicité et proximité, en délivrant une partition pointue, avec une technicité, de magnifiques solis, le tout porté par une batterie en béton, même la voix claire est parfaite, et vivant avec nous un death metal qui vient de leurs tripes. La balance ne met en évidence personne, elle met à l’honneur le morceau, et c’est ça qu’on veut.
Quand arrive « Only Way », j’ai envie de jeter l’appareil photo et sauter de l’autre côté de la barrière avec mes amis. Tout ce que j’aime est réuni ici, légèreté, lourdeur, puissance, beauté. Cette progressivité mélodique est une telle addiction et surtout c’est puissant sans être jamais surproduit et le fait de retrouver cette sensation précise en concert montre bien l’ancrage sincère et authentique d’un groupe qui, pour moi, a encore beaucoup de choses à dire.
Setlist : Destinity au Seisach Metal Fest 2026
- Aiming a Fist in Enmity
- Reflections
- A Scent of Scorn
- Only Way
- Silver Shades
- Final Fiction
- In Sorrow
- Black Sun Rising
- The Hatred















































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