Recherche

Culture METAL

Webzine

Auteur

SAMM

Wolves in the Throne Room – Interview de Aaron Weaver

Fondé en 2002 par Aaron Weaver et son frère Nathan, Wolves in the Throne Room a sorti le 20 août son septième album, Primordial Arcana, chez Century Media Records et Relapse Records (uniquement) pour l’Amérique du Nord. C’est le premier album entièrement conçu, réalisé et produit par le groupe qui a intégré à cette occasion Kody Keyworth en tant que membre permanent.

Le titre de l’album est une référence au retour continu du groupe vers les énergies archétypales les plus anciennes. « En tant qu’enfants, nous avons étudié le travail de Joseph Campbell et l’étude des mythologies anciennes à l’intérieur de chaque culture humaine », explique Aaron. « Ces vérités archétypales et structures psychologiques nous inspirent et nous donnent de la force. »

Je remercie chaleureusement Century Media de m’avoir permis d’effectuer cette interview le 29 juin avec Aaron Weaver et de réaliser un souhait de longue date pour un groupe que j’affectionne tout particulièrement.

Lire la suite

Interview de Diva Satanica, chanteuse de Nervosa

💿 Nervosa, le groupe d’origine brésilienne a sorti en ce vendredi 22 janvier 2021, son nouvel et quatrième album chez Napalm Records: Perpetual Chaos. Fort d’un talentueux nouveau line-up, le groupe féminin de thrash metal comporte la guitariste brésilienne et membre fondatrice Prika Amaral et les nouvelles membres : : la chanteuse espagnole Diva Satanica, la bassiste italienne Mia Wallace et la batteuse grecque Eleni Nota.

 

🎙 L’interview de Diva de Nervosa par SAMM pour Culture METAL 🤘

SAMM: Hello Diva, comment vas-tu aujourd’hui?

Diva: Oh, je vais bien. Il neige aujourd’hui à Madrid. Ce n’est pas très commun ici alors je suis un peu excitée.

Je voulais savoir quels ont été les débuts du nouveau lineup de Nervosa, comment tu as rencontré Prika, Eleni et Mia.

Prika nous a envoyé un message il y a quelques mois en nous demandant si nous voulions faire une audition pour le groupe. Alors imagine ! Nous étions au milieu de cette situation de pandémie, j’étais en pyjama dans mon salon. Et pour moi c’était comme « Oh mon Dieu, un message de Prika Amaral, c’est dingue ». Et évidemment, je lui ai demandé ce qu’elle voulait que je fasse. Je lui ai envoyé des vidéos où j’interprétai certaines des anciennes chansons. Et après quelques réunions et appels vidéo, elle nous a juste fait part de ses choix et me voilà !

Nervosa est à l’origine un groupe brésilien et devient international avec des membres venant d’Espagne, de Grèce et d’Italie. Qu’est-ce que cela change?

C’est une situation particulière parce que nous étions quatre étrangères, de quatre pays différents. Les cultures étaient donc complètement différentes pour nous y compris la langue. Mais je ne sais pas pourquoi nous avons ressenti une connexion instantanément depuis le tout début. Je pense que la musique rend possible ce genre de choses. Même en vivant très loin les unes des autres, il y a ce point commun grâce à la musique, des intérêts communs, et elles sont toutes très décontractées. Il est donc très facile de travailler avec elles. Et oui, nous sommes très heureuses de partager toutes nos expériences et ces différents horizons. Et c’est très bien aussi pour la musique. Alors oui, ça a été incroyable.

Ce n’était pas compliqué à gérer ? Notamment pour les répétitions ?

Au début nous n’étions pas au top pour communiquer en anglais. Alors il suffisait à Prika de nous montrer quelques mots en brésilien ou on échangeait en espagnol, également en italien car ce sont des langues romaines. Et c’est très facile de se comprendre de cette manière. Mais il y a des situations amusantes car parfois moi je parle à Eleni en italien et Eleni répond en grec et on se comprend parfaitement. Et c’est quelque chose de magique. Au début, c’était très intense, parce que, comme je l’ai dit, nous ne nous connaissions pas. Mais oui, ça a été plus facile que je ne le pensais.

Dans quelles conditions avez-vous enregistré Perpetual Chaos, le quatrième album de Nervosa ? C’était donc la première fois que vous vous rencontriez, à Malaga je crois ?

Nous avons passé environ trois mois à travailler à distance, chacune de nous de la maison, à partager des idées en utilisant Internet et à échanger des opinions sur un riff ou un concept ou des paroles. Nous sommes parties de rien hormis quelques thèmes que Prika gardait depuis longtemps, et nous avons dû écrire toutes les paroles. Et de toute façon, nous avons fait tous les arrangements en studio avec notre producteur Martin Furia. Il a fait un travail incroyable car il a cette capacité de capter l’essence de Nervosa car il a déjà travaillé avec le groupe. C’est un parolier incroyable, alors il a apporté beaucoup d’idées incroyables ce qui a facilité les choses. Et en août dernier, après trois mois de travail, nous sommes entrées dans le studio de Malaga. C’était notre toute première rencontre en personne alors c’était un peu bizarre à cause de la situation. Quand je suis arrivée à l’aéroport, je ne savais pas si je devais les serrer dans mes bras ou pas. Je ne voulais pas être impolie mais je ne savais pas si vous elles se sentaient à l’aise avec ça. Mais de toute façon, nous étions sur le point de partir ensemble pendant un mois, et tout le monde avait fait ses tests COVID. Alors on s’est embrassées. C’était étrange au début, mais c’était une expérience incroyable à vivre.

Que penses-tu de ce tout nouvel album, par rapport aux albums précédents?

Je pense qu’il offre une perspective plus large en parlant de paroles et de musique, parce que évidemment Prika étant le membre fondateur, elle a gardé l’essence de Nervosa et des albums précédents, cette atmosphère thrash du groupe. Évidemment, avoir trois nouveaux membres apporte quelque chose de nouveau car nous venons d’horizons différents. Mia a une carrière incroyable dans la scène black metal avec Abbath et Triump of Death. Eleni a travaillé avec de nombreux groupes de metal progressif. Elle a également un autre groupe, Mask of Prospero. Et je travaille sur la scène du death metal depuis plusieurs années. Donc tout ce brassage donne quelque chose de vraiment intéressant à écouter, je pense parce que cet album est très différent des autres. Je pense qu’on peut même ressentir le classique avec des chansons comme « Rebel Soul », par exemple, voire même du punk.

Et c’est incroyable parce que nous n’avions aucune idée de la façon dont cela allait sonner, mais pendant le travail en studio, tout a été une grande surprise pour nous. On enregistrait nos parties et ça sonnait vraiment bien. Je ne m’attendais pas à une si grande différence entre les titres. Et je pense que c’est très bien parce que vous ne vous ennuyez pas en écoutant d’un son à l’autre. J’en suis très heureuse.

Et alors comment avez-vous travaillé ensemble en tant que groupe en particulier lors de cette session à Malaga?

Normalement, vous pouvez aller ensemble au studio et tout enregistrer mais là, à cause de la situation, nous avons dû y aller séparément. Donc Prika est d’abord allée au studio où elle a enregistré les guitares. Et puis Eleni y est allée à son tour enregistrer la batterie. Mia est arrivée la troisième semaine et elle a enregistré les lignes de basse. Et j’étais la dernière alors j’ai passé environ une semaine et demie à enregistrer les voix et ensuite on a vérifié les arrangements toutes ensemble la dernière semaine.

Quelles sont tes influences dans la musique ?

J’écoute presque tous les styles de musique. Je suis très années 70 donc j’aime le son de certains groupes comme Pristine ou Blues Pills avec beaucoup de vibes bluesy et ensuite passer à Imperial Triomphant, une atmosphère noire avec des vibrations jazzy et des trompettes. Si nous parlons de chant, probablement que Sabina Classen de Holly Moses et Angela Gossow ont été mes toutes premières expériences dans cette scène metal extrême parce que j’ai commencé à essayer d’apprendre il y a dix ans environ. Et à cette époque, Angela était la pionnière pour ce genre de projet. C’était donc une très grande inspiration pour moi, c’est sûr. Et peut-être aussi Tristessa de Astarte est une femme qui a eu un impact sur moi, car elle a été la toute première à avoir un groupe de black metal féminin dans les années 90. C’était quelque chose de tout à fait notable dans l’histoire de musique. Alors je peux dire toutes les trois sont mes toutes premières références.

En parlant d’influence, je me souviens t’avoir vue sur The Voice en 2017 et m’être dit à ce moment-là que tu étais en train d’ouvrir une porte pour le grand public et on le voit aujourd’hui avec Tatiana de Jinjer ou Stephanie Stuber en Allemagne.

C’est très gentil et j’essaye de m’améliorer. Lorsque l’on travaille avec des professionnels, on découvre simplement qu’on doit apprendre beaucoup de choses et travailler très dur pour y arriver.

Comment as-tu travaillé ta voix pour obtenir ce contrôle et cette diversité?

Eh bien, ça a été difficile pour moi parce que quand j’ai commencé à apprendre, j’ai juste essayé de trouver une école de musique et personne ne m’a aidée parce qu’ils m’ont juste dit qu’ils n’enseignaient pas cette technique et donc il ne s’est jamais rien passé. J’ai donc dû apprendre des chansons de Christina Aguilera ou Aretha Franklin. Mais ce n’était pas du growl. Donc pour moi, c’était très frustrant au début. Et j’ai décidé d’essayer moi-même, j’ai demandé à beaucoup de chanteurs de metal extrême, personne ne pouvait m’aider parce que personne n’avait idée de ce qu’ils faisaient. Alors j’ai assisté à des spectacles. Et je me souviens que je me tenais au premier rang et que je regardais juste les chanteurs comme une psychopathe juste pour apprendre comment cela pourrait fonctionner, l’expression du visage, la respiration, l’utilisation du diaphragme et j’ai aussi regardé beaucoup de tutoriels. Je me souviens de tous mes week-ends, tard le soir, à regarder des vidéos et des tutoriels juste pour comprendre comment les sons naissaient et puis le matin, entrer dans la salle de répétition et essayer de faire ou de répéter tout ce que j’avais vu dans les vidéos. Et cela a été difficile parce que lorsque vous apprenez seule, cela prend beaucoup de temps, bien plus que lorsque quelqu’un vous enseigne.

Je pense que j’ai commencé en 2010 ou quelque chose comme ça. Ma toute première émission, c’était en 2015 et c’était atroce mais j’étais très excitée. Et cela m’a fait réaliser que j’avais beaucoup de travail à faire. Cela a été difficile mais ensuite j’ai décidé d’essayer d’écrire toutes les choses que j’ai apprises avec le temps et j’ai commencé à assister à une master class pour les chanteurs en général. Là j’ai appris qu’il y avait beaucoup de choses en commun, évidemment. Cela m’a donc amené à mieux comprendre l’anatomie et tout. J’ai donc commencé à travailler avec un coach pour les débutants en growl et cela m’a vraiment aidée pour apprendre de nouvelles techniques, essayer de nouvelles choses, y compris pour des musiques extrêmes.

Qu’est-ce qui t’a donné envie de chanter de cette façon?

J’ai toujours voulu faire partie d’un groupe de metal, j’ai essayé d’apprendre à jouer de la guitare, mais j’étais mauvaise, je ne pouvais jouer que des trucs genre « Smoke on the Water » . Quand j’ai essayé le chant mélodique, c’était horrible. J’ai donc abandonné beaucoup de cours de chant, car j’étais très frustrée à ce moment-là. Et quand j’ai découvert le métal extrême, il y a quinze ans environ, la toute première fois, j’ai eu peur, parce que je pensais que c’était impossible que cette voix vienne d’une personne ! Ensuite, c’est comme avec les films d’horreur, tu sais, tu t’habitues à ce qui t’a fait peur la première fois, et puis tu veux en voir de plus en plus. Je me suis habituée à l’extrême metal, et j’ai commencé à apprécier de plus en plus. Et à un moment je me suis dit que j’étais à ma place, que je pouvais growler.

Je veux parler des paroles. D’abord, merci d’avoir transmis les paroles, ce n’est pas si fréquent. Qui écrit les paroles? Et quel est le message qui est important pour vous?

Évidemment, cette époque que nous vivons a été une grande source d’inspiration pour nous  Mais ces morts que nous vivons maintenant nous renvoient aux tueries qui existent depuis des siècles et dont l’être humain a été responsable en grande partie. Nous voulions parler de guerre, de corruption, de questions politiques, de capitalisme, de maltraitance animale, tout ce qui avait contribué à cette perception du chaos que nous avons, mais aussi nous voulions envoyer un message positif à d’autres personnes qui ont eu des difficultés de quelque manière que ce soit. Et il y a quelques chansons comme « Time to Fight » par exemple, qui sont comme un appel à la rébellion et à défendre nos droits et dire non. Parfois nous allons juste comme un navire dans le sens du courant comme si tout était planifié et parfait. Non, nous voulons simplement arrêter de penser à ce que nous voulons et nous battre pour cela, car il est important de dire non à toutes ces choses négatives. Et oui, les paroles sont très importantes pour moi, évidemment, parce que je suis la chanteuse, et je dois être connectée  avec ce que je chante bien sûr, car c’est à travers cela que tu crées le lien avec les gens. Si tu ne le sens pas, ce n’est pas naturel. J’ai écrit beaucoup de paroles. Prika a également écrit beaucoup de paroles et fait quelques arrangements pour les versions finales. Et Martin Furia notre producteur est aussi un parolier incroyable, et il a vérifié toutes les chansons que j’ai écrites, juste pour voir si on pouvait trouver ce point commun à propos du chaos, avec tous les sujets dont nous parlions. Et je pense qu’il a fait un excellent travail. Il est génial. Et j’ai beaucoup appris de lui. Et actuellement, je pense que j’ai une façon de travailler très différente quand j’écris des paroles qu’avant. Je pense donc que cela a été très important pour moi, également en tant que chanteuse.

C’est la première fois que tu collabores avec Napalm Records, comment était-ce ?

C’était très différent pour moi. J’ai eu la chance de travailler avec des artistes incroyables ici en Espagne qui sont dans de grandes maisons de disques, comme Warner Records ou Sony. Mais quand c’est votre propre groupe, que vous faites partie de ce projet et que vous travaillez avec un grand label, les choses sont très différentes. C’est très professionnel et vous sentez qu’il y a un état d’esprit commun pour tout le monde qui travaille pour le même projet et pour atteindre les mêmes objectifs. Et c’est incroyable, car tu ressens qu’ils se soucient de ce que tu fais, qu’ils sont impliqués à propos de ton projet. Et ça c’est très excitant.

En parlant du COVID, comment as-tu géré cette année 2020?

Eh bien, je me sens très chanceuse. Parce qu’au milieu de ce chaos, j’ai eu une expérience incroyable en rejoignant ce groupe. Pour moi, malgré tous les faits, ça a été mon année à coup sûr. Donc je ne peux rien dire. Je vois que ma famille va bien, tout le monde autour de moi va bien. C’est donc une très bonne chose pour moi. Et évidemment, il y a beaucoup de gens qui souffrent et luttent vraiment avec cette pandémie. Mais oui, pour moi, ça a été plus que génial. J’ai beaucoup de chance car je vis à la campagne. Donc, tout est plus facile ici pour la vie quotidienne. Et j’avais un travail quotidien donc je n’ai pas perdu le sens de la routine. Et je devais travailler donc je veux dire, j’ai une maison, j’ai un travail, une famille. Je suis en bonne santé, donc je ne peux rien demander de plus.

Dans ce contexte comment vois-tu l’année à venir? Qu’en est-il des tournées pour promouvoir l’album?

Eh bien, il me vient à l’esprit ce morceau «  Expect the Unexpected » avec Chuck Schuldiner. Je ne sais pas ce qui va se passer l’année prochaine ou cette année, nous sommes tous dans la même situation, parfois ça peut sembler aller mieux et soudainement le lendemain, ça se dégrade. Nous avons beaucoup de projets, de tournées et de spectacles réservés pour les mois à venir. Nous essayons donc simplement de planifier et nous voyons ce qui se passe. Nous devons sortir un nouveau clip vidéo très prochainement. Il y a encore deux parties du documentaire sur les sessions d’enregistrement à révéler. Et nous travaillons sur de nouveaux trucs, juste au cas où nous pourrions jouer. Alors on croise les doigts.

As-tu déjà joué en France?

Non. Je vais au Hellfest depuis cinq ou six ans. Et pour moi, c’est mon festival préféré au monde. Mais je n’ai jamais eu la chance d’y jouer. Je suis allée une fois à Paris voir Sonata Arctica à L’Elysée Montmartre une semaine avant l’incendie de la salle. En parlant du Hellfest, je me souviens de beaucoup de groupes de metal extrême. Il y a une vraie place au Hellfest pour chaque catégorie, du metal extrême aux grands classiques du heavy metal. Nervosa était présent en 2016 et moi je rêve d’y retourner en tant qu’artiste. Un jour, qui sait?

Je te laisse le mot la fin pour envoyer un message aux fans français de Nervosa.

Je vais essayer en français mais j’ai un français très scolaire. D’abord merci beaucoup pour votre soutien et votre fidélité à Nervosa, pour les messages très positifs que j’ai reçus et j’ai hâte de pouvoir rencontrer tous les fans français, je l’espère, cette année. Prenez soin de vous et à bientôt.

Interview réalisée le 8 Janvier 2021 par SAMM
Photos © 2020 Didier Rive
t / Napalm Records
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

Interview de Moonsorrow aux 70000 Tons of Metal 2020

Aujourd’hui, nous accueillons à Culture METAL, une nouvelle contributrice, rédactrice et photographe. SAMM a travaillé dans plusieurs webzines et magazines metal et travaille aussi à Vecteur Magazine qui sort aujourd’hui même un hors-série spécial 70000 Tons Of Metal. Aussi, voilà six mois, à l’époque des voyages et des festivals metal, SAMM nous revenait de la célèbre croisière metal, 70000 Tons Of Metal, avec une chouette interview que voici, de Mitja, le guitariste du groupe pagan/black metal finlandais, Moonsorrow. 

Lire la suite

Powered by WordPress.com. par Anders Noren.

Retour en haut ↑