Propulsé sur la scène internationale en pleine pandémie avec l’album Ummon, Slift poursuit son ascension spectaculaire en sortant début 2024 Ilion, l’album de tous les superlatifs. Ce mois de janvier marque la fin d’une très longue tournée européenne, qui s’arrêtait ce samedi à l’Antipode de Rennes.

Cette salle de neuf cent places correspond exactement aux lieux où je veux aller maintenant,  avec un balcon à places assises au même tarif ainsi que l’accès sur les côtés en hauteur, et surtout une acoustique parfaite, une scène large et profonde, une régie bien placée qui ne dérange personne, tout ça dans un quartier tranquille où il assez facile de se garer et je crois que le métro est juste à côté. C’était complet et on pouvait bouger très confortablement. Le seul point noir c’est le goulot d’étranglement à la sortie, coincés entre le vestiaire à gauche et le merchandising à droite, de sorte qu’un bouchon se forme dans l’escalier et à la sortie de la fosse. Ce loupé est incompréhensible alors que tout semble avoir été pensé dans les moindres détails. Cela dit, je pense qu’on peut trouver des solutions et la salle est vraiment top.

Population II

A l’origine un groupe instrumental de deux copains d’enfance, Population II prend son essor à l’arrivée du batteur-chanteur Pierre-Luc Gratton. Les influences hendrixiennes et de hardcore forment le socle d’un univers complexe, l’imagination luxuriante part dans tous les sens, très intelligemment et en finesse. C’est lourd et à la fois ça respire, et s’élève avec subtilité dans les différentes strates des sensations psychédéliques teintées de jazz et de punk. Le groupe par son approche simple et éminemment sympathique embarque le public d’emblée dans son univers lumineux où les tortures de l’âme sont savamment travesties. « Le Monde Positif » est un tout nouveau titre et qui ne figurera pas sur le prochain album Maintenant Jamais à sortir le 28 mars. Dommage, ses multiples saveurs se révèlent avec l’art et la subtilité des grands chefs. Et pendant que les visages burinés des vieux pêcheurs tournent en toile de fond, Un dernier titre, Introspection, manie l’art de la dissonance avec une voix vacillante, troublante et juste.
Bien entendu, un concert ne serait pas un concert s’il n’y avait deux personnes derrière moi discutant pendant tout le concert. Le temps où les premières parties servaient de faire-valoir au headliner est largement révolu. Et l’écoute de ce groupe québécois aurait fait le plus grand bien à ces esprits limités.

Setlist :
Maintenant et Jamais
C.T.Q.S.
R.B.
Rédemption Naturelle
13 1 3 1
Orlando
Le Monde Positif
Introspection

Slift

Le concert s’ouvre sur le premier titre de Ilion, sorti en 2024, et le décollage est immédiat. Pour ceux qui se demandaient quelle direction Slift allait prendre après le magnifique album Ummon, ce qui est mon cas, la question est balayée par une déferlante de sons cristallins, cosmiques. Le travail sur le son est impressionnant et le résultat est d’une puissance phénoménale, emmené par les voix bien plus présentes que dis-je, impérieuses, que jamais, des frères Jean et Rémi Fossat. L’on est presque soulagé quand retentissent les premières notes de « Ummon », tant la violence froide de « Nimh » vous prend de court, Slift nous a habitué à un peu plus d’emballage. La salle s’agite, entre en résonnance. S’ensuit le magnifique « Altitude Lake » et les lumières de la nuit défilent sur les parois de la salle tandis que notre vaisseau spatial poursuit son voyage vers la Mer de la Tranquillité.

A noter deux nouveaux titres « Orbit Tertius » et « Secret Mirror » laissant supposer qu’un nouvel album serait en cours de préparation. Le backdrop me gêne la plupart du temps, peu importe, c’est une bonne excuse pour refermer les yeux et m’immerger davantage dans « Weaver’s Weft », le son seul me suffit, les images me viennent librement, je préfère. Au début, la batterie de Canek me paraît trop en retrait, finalement non, les équilibres sont respectés. De temps à autre, dans un sursaut, Jean traverse la scène, guitare au poing, interpellant le réel, dans une ultime tentative de rester ancré dans le présent. Même en les connaissant, chaque titre est une nouvelle expérience, et quand le temps devient un support bienveillant, alors chacun se déploie, et prend sa place à notre rencontre. La fin du concert est dantesque avec un retour à Ilion qui confirme l’impact émotionnel de cet album majeur qui percute les tréfonds de notre âme après que nos dernières résistances se soient disséminées en poussière d’étoile.

Un petit signe de la main et les musiciens disparaissent, laissant la salle dans l’attente. Mais les lumières se rallument rapidement. Nous ne nous sommes pas dit au revoir Slift. Je me lève à contrecœur. Au regard de cette soirée, d’ores et déjà inoubliable, ce n’est pas très important, juste un peu frustrant. Je vous aime, vous comprenez. A bientôt donc.

C’est difficile de trouver les mots pour rendre compte d’un tel concert quand sa seule évocation vous replonge dans une myriade de sensations incontrôlables. J’ai été ferrée, élevée, transportée, lavée de tout moi, sous hypnose bien longtemps après que les dernières lumières de la ville se soient éteintes. En résumé, comme l’a dit mon frère pour qui c’était là son premier concert Metal, c’est d’un autre niveau.

Setlist :
Ilion
Nimh
Ummon
Altitude Lake
The Words that Hve Never been Heard
Orbit Tertius
Secret Mirror
Weaver’s Weft
Lions, Tigers and Bears
The Story that has Never been Told

🎸📸🤘

👁️ Archives de Culture METAL 👇

📸 Slift au Hellfest 2022 par 7k Kevin Le Corre pour Culture METAL 🤘
📸 Slift au Motocultor 2022 par Jérémie Foucher de Circle Pit Of Photography pour Culture METAL 🤘

🎧 Conférence de presse de Slift au Motocultor 2022 👇

👉 https://culturemetal.com/?s=slift

One response to “Slift à l’Antipode”

Laisser un commentaire

Trending

En savoir plus sur Culture METAL

Abonnez-vous pour poursuivre la lecture et avoir accès à l’ensemble des archives.

Poursuivre la lecture