Aujourd’hui, nous accueillons Ă  Culture METAL, une nouvelle contributrice, rĂ©dactrice et photographe. SAMM a travaillĂ© dans plusieurs webzines et magazines metal et travaille aussi Ă  Vecteur Magazine qui sort aujourd’hui mĂȘme un hors-sĂ©rie spĂ©cial 70000 Tons Of Metal. Aussi, voilĂ  six mois, Ă  l’Ă©poque des voyages et des festivals metal, SAMM nous revenait de la cĂ©lĂšbre croisiĂšre metal, 70000 Tons Of Metal, avec une chouette interview que voici, de Mitja, le guitariste du groupe pagan/black metal finlandais, Moonsorrow. 

SAMM : Comment allez-vous aprùs ce premier concert à l’Ice Rink hier au milieu de la nuit ?

Mitja : Effectivement, il Ă©tait trĂšs tard, mais ça a Ă©tĂ© un trĂšs trĂšs bon concert. Il y avait beaucoup de monde. On a assez peu dormi et malgrĂ© cela, je me sens bien. J’espĂšre bien aujourd’hui voir quelques amis et j’attends surtout le concert de demain.

SAMM : C’est la troisiĂšme fois que vous venez aux 70000 Tons. Comment vivez-vous cet Ă©vĂ©nement si particulier ?

Mitja : Oui, on a participĂ© Ă  la premiĂšre Ă©dition en 2011 et Ă©galement en 2017. Je pense que c’est un privilĂšge de jouer ici. C’est un scĂ©nario tellement diffĂ©rent de toutes les formes de concerts, de festivals, qu’on est tous dans l’attente de pouvoir jouer ici et ressentir cette vibration. En festival, tu as des espaces en backstage, ici on est tous sur le mĂȘme bateau, c’est le cas de le dire et ça rend la croisiĂšre spĂ©ciale.

SAMM : Le dernier album Jumalten aika est sorti en 2016. Avez-vous quelque chose en préparation ?

Mitja : Nous sommes maintenant Ă  un point oĂč nous pouvons prĂ©parer quelque chose de nouveau. Ça nous a pris beaucoup de temps. Henri qui Ă©crit la plupart des morceaux et qui produit nos albums, travaillait aussi pour Finntroll. Ville Ă©crit la plupart des textes. Ça, c’est la base mais nous collaborons tous ensemble Ă  l’écriture de nos albums. Mais Henri est le filtre Ă  travers lequel tout est conçu, alors on doit attendre qu’il soit disponible. Actuellement, ils terminent les sessions en studio pour Finntroll. Je pense que nous devons attendre une annĂ©e avant qu’un album de Moonsorrow soit publiĂ©. C’est vrai que cela fera cinq ans mais il y a d’autres raisons Ă  cela. L’une d’elle est que nous voulons trouver un angle nouveau pour chaque nouvel album. Nous sommes comme pas mal de groupes, Ă  la recherche de la recette parfaite, du son que nous voulons avoir et de la musique que nous voulons faire. Tant que nous n’avons pas quelque chose Ă  dire, on ne sort pas de nouvel album.

SAMM : Henri a un rÎle important dans le groupe et pourtant il ne tourne jamais avec le groupe. Pourquoi ?

Mitja : Il n’a plus tournĂ© beaucoup depuis 2004 – quelques parties des tournĂ©es en 2008 et 2011 – mais il n’aime pas beaucoup tourner. Mais il est un Ă©lĂ©ment trĂšs important du groupe. Il y a eu un temps en 2004 oĂč il a voulu arrĂȘter de se produire en public et tous les membres du groupe ont Ă©tĂ© d’accord avec sa dĂ©cision. On a commencĂ© Ă  faire appel Ă  Janne PerttilĂ€ qui a participĂ© Ă  chacun de nos albums et avec qui nous Ă©tions bons amis depuis les dĂ©buts de Moonsorrow. Alors on a trouvĂ© lĂ  un Ă©quilibre et une solution pour tourner sans lui.

SAMM : Les morceaux sont en général trÚs longs. Pas facile pour définir une setlist ?

Mitja : C’est une musique Ă©pique qui s’appuie sur une sorte de scĂ©nario en quelque sorte et la musique suit cette histoire, ce qui la rend progressive. ForcĂ©ment, on ne se bride pas et cela peut amener Ă  certains titres trĂšs longs. Du coup, en concert oui c’est assez difficile car Ă©videment on ne peut pas Ă©tendre le concert en fonction du temps dont nous avons besoin. Alors si le concert dure soixante minutes et qu’on a besoin de cinq minutes de plus, on va plutĂŽt choisir des titres qui entrent parfaitement dans le temps qu’on a et ça oui clairement c’est un problĂšme. Par chance, on sait exactement instantanĂ©ment quelle durĂ©e un morceau doit faire en concert, ce qui nous permet de rĂ©arranger certains titres mais ce n’est pas facile et pas toujours possible.

SAMM : Avez-vous changé votre maniÚre de travailler ensemble avec le temps ?

Mitja : C’est toujours un peu diffĂ©rent Ă  chaque fois. En gĂ©nĂ©ral, on part d’une idĂ©e, un contexte oĂč intĂ©grer la musique et les textes. Quand l’idĂ©e du texte manque, cela devient trĂšs compliquĂ© de faire Ă©voluer la musique. Parfois on peut partir sur quelques riffs mais ça pourrait devenir compliquĂ© au fur et Ă  mesure de trouver les autres Ă©lĂ©ments si l’on n’a pas un aperçu de ce que sera le morceau en termes de paroles.

SAMM : Vous tournez beaucoup, n’est-ce pas parfois difficile ?

Mitja : On aime beaucoup tourner et on tournerait plus encore si on pouvait. Mais il y a pas mal d’obstacles dans la vie. Chacun, la plupart des membres du groupe ont une famille et parfois d’autres activitĂ©s. Trouver le bon moment pour tourner devient de plus en plus compliquĂ© chaque annĂ©e mais on ne va pas s’arrĂȘter. Bien sĂ»r, on se sait jamais ce qui peut arriver dans la vie mais on essaie de faire que chacun puisse trouver son Ă©quilibre et nous sommes trĂšs prĂ©sents les uns pour les autres. Ça je pense que ça ne changera pas.

SAMM : Tu parles d’autres projets. Peux-tu nous en parler ?

Mitja : Habituellement, la plupart d’entre nous a des projets en parallĂšle. En ce moment, Janne est le plus actif avec son groupe RytmihĂ€iriö. C’est un vieux groupe finlandais de 1988, bien plus agressif et trĂšs connu en Finlande. Il a aussi un autre groupe de death metal avec Marko qui s’appelle Barren Earth. Marko, notre batteur a lui aussi d’autres collaborations en tant que batteur parfois. Personnellement, je ne trouve pas le temps pour me consacrer Ă  autre chose que Moonsorrow musicalement car je travaille en parallĂšle dans le milieu trĂšs agitĂ© de la tĂ©lĂ©vision. Et puis, je ne voudrais pas prendre le risque de ne pas ĂȘtre disponible pour tourner avec le groupe, de devoir dire non Ă  chaque fois, ce serait horrible, je prĂ©fĂšre me limiter Ă  un groupe, c’est mieux pour moi.

SAMM : Vous Ă©coutez d’autres groupes ? Certains artistes n’écoutent pas les autres pour ne pas ĂȘtre influencĂ©s.

Mitja : Je n’écoute pas non plus beaucoup les autres, tout du moins ceux qui ont le mĂȘme univers que nous. C’est dĂ» aussi au fait que quand on a commencĂ© Ă  faire cette musique, ce genre musical n’existait mĂȘme pas. Alors il n’y avait pas matiĂšre Ă  comparaison. On a tous des parcours diffĂ©rents mais c’est assez variable : ça va du death metal Ă  la musique classique et mĂȘme de la country, par contre on Ă©coute assez peu de folk ou de pagan, je trouverais ça bizarre.

SAMM : La musique de Moonsorrow est belle, profonde et touche le public qui vous est trÚs attaché. Etes-vous conscients de cela ?

Mitja : Oui, sans aucun doute. On reçoit beaucoup du public, d’abord pendant les concerts, il y a un transfert qui s’opùre entre le public et les musiciens qui est trùs fort. Il ne s’agit pas simplement de donner un concert, il s’agit de vivre cette musique ensemble. Et puis, on a aussi une relation avec nos fans qui est suivie et on peut mesurer par leurs retours cet attachement.

Merci beaucoup Mitja de m’avoir accordĂ© cet interview et Ă  demain pour le second concert de Moonsorrow.

Interview réalisée le 8 Janvier 2020 par SAMM
Photos © 2020 SAMM
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 

+ d’infos : la bio mais aussi quelques photos de Moonsorrow au Hellfest 2016 ici https://culturemetal.com/2016/06/30/hellfest-2016-moonsorrow/

Moonsorrow a Ă©tĂ© fondĂ© par les cousins Sorvali en 1995 Ă  Helsinki, capitale de la Finlande. Mitja Harvilahti et Markus EurĂ©n ont d’abord rejoint la formation initiale en tant que musiciens de tournĂ©e et ont enfin Ă©tĂ© intĂ©grĂ©s au line-up. Marko « Baron » Tarvonen a aussi rejoint le groupe en 1999. Moonsorrow, dont le nom de groupe vient d’une chanson de Celtic Frost, Sorrows of the Moon, a sorti plusieurs albums studios : d’abord un premier album Suden uni chez Plasmatica Records en fĂ©vrier 2001, puis six albums chez Spikefarm Records : Voimasta ja kunniasta en dĂ©cembre 2001, Kivenkantaja en mars 2003, VerisĂ€keet en fĂ©vrier 2005, V: HĂ€vitetty en janvier 2007, Varjoina kuljemme kuolleiden maassa en fĂ©vrier 2011 et enfin un dernier album Jumalten aika chez Century Media Records en avril 2016. 

Moonsorrow en produira en France au printemps, le jeudi 15 avril 2021 Ă  la Machine du Moulin Rouge Ă  Paris.

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