📸 Benjamin Guerry, frontman du groupe The Great Old Ones à l’Omega Sound Fest par Kevin Le Corre pour Culture METAL 🤘

Jadis, les Grands Anciens (« The Great Old Ones ») gouvernaient la Terre, dans le monde du mythe de Cthullu de Lovecraft. Il demeure quelques restes du culte des Grands Anciens dans des tribus reculées mais aussi dans les pays industrialisés chez des sorciers qui se cachent sous les d’apparences de la bourgeoisie. Les Grands Anciens forment un panthéon flou d’entités et de divinités anciennes, puissantes et extraterrestres, dont certaines, prisonnières sur Terre, dans un état de sommeil proche de la mort, attendent le jour de leur réveil : Cthulhu, Dagon, Hastur, Ithaqua, Cthugha, etc… en font partie. Ainsi, The Great Old Ones, le groupe français de post black-metal tire son inspiration mais aussi son nom de la littérature fantastique de l’écrivain américain Lovecraft (1890-1937).

The Great Old Ones, le groupe de post black-metal originaire de Bordeaux en Gironde et Nouvelle-Aquitaine, s’est produit en clôture de l’Omega Sound Fest voici une dizaine de jours, le samedi 16 octobre 2021 au Centre Culturel Jean Carmet (CCJC) à Mûrs-Erigné près d’Angers dans le Maine-et-Loire (49) et les Pays de la Loire. Or, aujourd’hui même, en ce lundi 25 octobre 2019, le groupe de post black-metal d’influence lovecraftienne fêtait l’anniversaire et les deux ans de son dernier album : Cosmicism est paru le vendredi 25 octobre 2019 via Season of Mist.

À l’occasion, je publie la retranscription de la première partie de l’entretien que m’a accordé Benjamin Guerry, guitariste, chanteur, compositeur et parolier du groupe dans l’après-midi du samedi 16 octobre 2021. Dans la première partie de l’entretien, nous parlons de la sortie de l’album Cosmicism et du Cosmicism French Tour la tournée d’appui qui l’a suivi à l’automne 2019. Nous parlons de la pandémie, des dates annulées, repoussées, du Hellfest From Home et peut-être même d’un nouveau projet live du groupe…

Amandine : Bonjour Benjamin ! Je me présente d’abord : Amandine pour Culture METAL. J’ai fondé mon webzine en 2015. Je travaillais auparavant pour un autre webzine non metal auquel j’avais donné une telle couleur metal au webzine que…

Benjamin : Que ça a tendu vers ça.

Amandine : Voilà, depuis des années, déjà. Je fais beaucoup de photos de concerts : je photographie les groupes sur scène dans les festivals et les salles. J’écris des articles. Je vais dans de festivals et pas seulement metal. C’était l’idée de Culture METAL. J’avais même décliné le mot METAL comme un acronyme : ça donnait musiques extrêmes, théâtre, arts, littérature. Voilà qui je suis. Revenons à vous. Vous êtes The Great Old Ones.

Benjamin : C’est ça.

Amandine : Vous vous produisez tout à l’heure sur la scène de l’Omega Sound Fest.

Benjamin : Tout à fait.

Amandine : Ça fait longtemps qu’il n’y a pas eu d’évènements, de concerts… Entre deux, il y a eu la pandémie. 

Benjamin : C’est ça.

Amandine : Vous aviez sorti un album en 2019. Il y a deux ans. Cosmicism. À l’époque, vous aviez quand même tourné avec Au Champ Des Morts et bénéficié d’une tournée d’appui à votre album.

Benjamin : C’est ça. Une tournée française.

Amandine : Vous avez eu comme tous les autres groupes des dates annulées. 

Benjamin : Tout à fait. La dernière date de toute façon pour nous, c’était il y a plus d’un an et demie… Il me semble.

Amandine : Mais là du coup, l’Omega Sound Fest, c’est votre première date ?

Benjamin : Non, on a joué il y a quinze jours à côté de Paris avec Svart Crown. C’était la reprise. Et là donc, c’est la deuxième date de la reprise.

Amandine : Deuxième date de la reprise ! 

Benjamin : C’est ça.

SAMEDI 2 OCTOBRE 2021 THE GREAT OLD ONES et SVART CROWN au Festi’Val de Marne

Amandine : Comment avez-vous appréhendé la pause forcée d’un an et demie ? Vous aviez sorti un album depuis peu de temps à l’époque. Est-ce que vous vous êtes néanmoins lancés dans d’autres créations ou compositions ? Comment ça s’est passé ?

Benjamin : En fait, on s’est fait couper en plein élan à la sortie de l’album, un peu comme tous les autres groupes, mais comme tu disais tout à l’heure, on a eu le temps de faire la tournée avec Au Champ Des Morts. Déjà on a eu la chance de pouvoir faire au moins ça, parce qu’il y a d’autres groupes qui n’ont pas eu cette chance là. Mais, on s’est fait couper l’herbe sous le pied. Il a fallu retrouver un rythme de création. On a tous été surpris par ça. Le premier confinement était très strict. On ne pouvait pas faire tout ce qu’on voulait. Alors j’avoue qu’on a pris un peu une pause – tranquille – pour que chacun s’occupe un peu de sa famille. On avait pas mal de choses à gérer. On n’a pas vraiment rebossé. Je bosse toujours tout seul niveau compositions sur les albums, enfin en grande majorité. J’ai avancé sur certaines choses mais ce n’était pas l’objectif de tout de suite repartir dans de la composition. On bosse sur un autre projet qu’on est en train d’amener au bout. Je peux pas en dire trop encore, parce qu’on ne l’a pas trop annoncé. C’est un projet live. C’est un projet en train d’avancer, quelque qui nous tenait à coeur depuis longtemps, on avait une grande envie de faire ça et je pense que ça va être chouette. On a hâte de le présenter. Mais bon, pour l’instant, je garde encore un peu la surprise. 

Amandine : D’accord ! Gardons la surprise. Vous vous êtes déjà produit une première fois depuis une longue pause de dix-huit mois. 

Benjamin : À peu près ça, un an et demie.

Amandine : Qu’est ce que ça vous a fait de remonter sur scène ?

Benjamin : Y’avait, alors c’est marrant c’est un peu tout et son contraire : en gros, un peu d’appréhension avec cette impression de ne plus trop savoir comment faire après un an et demie et après presque dix années à ne faire que jouer… Jouer régulièrement, et plus rien pendant un an et demie à faire autre chose, où on commence à se poser des questions… Dès qu’on est remonté sur scène – tout de suite, tu reprends tes marques – on a tous repris nos marques et le public était à fond. On sent que tout le monde avait cette envie de retrouver les concerts, la musique extrême en live et du coup comme d’habitude, y’a un petit peu de temps de remise sur pied mais généralement dès que l’intro se lance, c’est parti.

Amandine : Et c’est parti ! C’était reparti.

Benjamin : Exactement.

Amandine : Vous avez eu des dates annulées, comme le Hellfest et le Metal Days, mais pas vraiment annulées, repoussées.

Benjamin : Tout à fait.

Amandine : Sauf la tournée avec Vltimas ?

Benjamin : La tournée avec Vltimas, elle n’est pas reportée, elle est terminée. Y’a plein de plans en fait…. Alors y’a eu cette tournée qui était annoncée avant, donc effectivement, on a bien vu qu’elle avait été complètement annulée. Comme c’était assez incertain, y’a eu plein de plans qui se sont posés puis chaque fois, qui étaient soit repoussés soit annulés. Personne se doutait que ça allait durer aussi longtemps. On se disait : ce sera l’année prochaine et l’année prochaine, bah non, ce ne sera pas l’année prochaine. Toujours comme ça. À part les plans repoussées, pour les plans de tournées, on est encore en discussion pour repartir, mais ce n’est généralement pas les plans qu’il y avait avant. Ça a duré trop longtemps. Au bout d’un moment, les plans que ce soient les groupes ou les plateaux, tout le monde est parti un peu sur autre chose, a essayé de réfléchir à d’autres choses. Y’a eu d’autres sorties albums, en attendant, d’autres groupes aussi. Donc, tout repart à zéro à ce niveau-là, sauf effectivement les dates dont tu parles qui ont été uniquement repoussées, comme le Hellfest, le Graspop, le MetalDays. Tout ça, ça se fait, mais l’année prochaine. Il faut être encore un peu patient. 

Amandine : Vous avez déjà quelques perspectives. 

Benjamin : On a au moins ça. On déjà un été prochain qui s’annonce déjà bien rempli.

Amandine : Et l’été dernier, ça a été le Hellfest From Home

Benjamin : Oui, tout à fait ! 

Amandine : Ça devait être une expérience particulière de jouer, comme ça, face aux caméras, sans public.

Benjamin : C’est ça. Exactement. Sans entrer dans la magie de la technique, comme y’a plusieurs plans, tu dois jouer plusieurs fois les mêmes morceaux. T’as personne. T’as pas de public. Ce n’est pas un exercice très évident. C’est à dire qu’on est souvent portés par les gens qui nous écoutent, par le public. Là tu fais juste ce qu’il y a dans la tête. Mais comme il y a beaucoup de choses dans nos têtes, ça va. Mais bon, ce n’est pas la même énergie. Mais on est très contents du résultat. L’équipe du Hellfest nous a extrêmement bien accueillis que ce soit avant, pendant ou juste après le tournage. C’était vraiment top. Je les remercie de nous avoir proposé ça car ça nous fait une très belle vidéo. On est très contents du résultat et on a eu que des supers retours. Ça nous a permis cette année, en tout cas cet été de faire quelque chose. On est vraiment très content de ça. 

Amandine : Vous avez eu des retours de vos fans ?

Benjamin : Tout le monde nous a dit que c’était super, que ça avait très bien fonctionné. Ce n’est que deux morceaux et souvent on avait la réflexion : C’était bien, mais c’était trop court. Généralement, c’est plutôt bon signe. 

Amandine : Super compliment ! Vous n’aviez eu qu’une session de quinze minutes ?

Benjamin : C’étaient quinze minutes qu’on a poussées à dix-sept en bataillant un peu parce qu’avec que des morceaux longs, malheureusement, c’est compliqué d’entrer dans un format très précis. Mais ces « quinze minutes » mine de rien avec The Omniscient et Nyarlathotep résument bien le nouvel album avec un morceau plutôt rapide et un morceau plutôt lent, plutôt doom. Avec l’image et les propositions de mise en scène qu’on nous ont fait, j’ai trouvé que ça rendait bien honneur à ses deux morceaux et que ça donnait une certaine ambiance. 

Dans la seconde partie de l’entretien avec Benjamin Guerry (à paraître), nous parlerons littérature, cinéma et arts et à l’issue de quelques digressions littéraires, cinématographiques et artistiques nous reviendrons sur l’album Cosmicism.

📸 En attendant le live-report photo complet (avec interview et review) du concert de The Great Old Ones à l’Omega Sound Fest, je vous laisse avec quelques articles et galeries photographiques :