Aujourd’hui à Culture METAL, nous parlons d’art et de photographie de concert metal !

Amis metalleux angevins, vous sentez-vous nostalgiques et manque de concerts metal ? Il vous reste encore quelques jours pour aller admirer les oeuvres photographiques de Ronan Le Saux, photographe de concert metal. Ses oeuvres vous rappeleront nulle doute, vos meilleurs souvenirs de concerts.

Comme je l’écrivais dans mon édito, la période de confinement et de post-confinement a permis à tout un chacun une prise de conscience de la nécessité de l’art dans toutes ses formes d’expression. Qui a passé son confinement sans écouter de musique, sans contempler d’oeuvres photographiques et sans ouvrir un livre ?

Toujours en semi-confinement pour ma part, je me suis entretenue avec Ronan Le Saux, photographe de l’exposition Metal Zôon et vous présente ainsi son travail artistique et photographique.

L’exposition photographique Metal Zôon se tient en ce moment même à la galerie des Trois Murs se tient à Savennières, près Angers (49), du 29 mai au 21 juin 2020.

Ouverture de la galerie Trois Murs :

     • les week-ends : samedis et dimanches de 10h à 19h.

Expo en présence de l’artiste l’après-midi.

https://www.troismurs.art/

ITW avec Ronan Le Saux pour Culture METAL :

Amandine : Peux-tu te présenter en tant photographe et photographe de concert metal, puis présenter ton travail photographique ? Quel a été l’impact de la crise COVID 19 sur ton travail et ton métier de photographe ?

Ronan : Tout d’abord, je précise que la photographie n’est pas mon métier (malheureusement !) mais une passion que je pratique depuis l’adolescence (donc depuis longtemps 🙂 ). Mon travail photographique a beaucoup varié au fil des ans et de l’évolution de mes centres d’intérêt. J’ai commencé, comme beaucoup, par des récits de voyages puis diversifié les expériences avec, comme fil d’ariane, un goût prononcé pour la série photographique. Cela s’explique sans doute par la volonté de raconter une histoire…
Je suis aussi passionné de musique (que je pratique en amateur). Au début des années 2010, je suis revenu vers la musique métal que j’avais un peu délaissée 15 ans plus tôt au profit du jazz. C’est en renouant avec les concerts de métal que j’ai eu envie de les mettre en images et je suis devenu photographe assidu de concert métal réellement depuis 2015. Cela ne m’empêche pas de photographier aussi d’autres styles musicaux (par exemple, le jazz) ou d’autres thèmes que la musique, mais le métal reste un sujet de prédilection.
« Métal zôon » est un travail photographique qui a un sens pour moi. Car il part d’une analyse de ma propre perception de la musique métal : « pourquoi j’aime le métal ?« … et est nourri de lecture d’articles sur la musique métal et d’échanges avec des universitaires qui travaillent sur ce thème. Je me suis rapidement orienté vers l’idée d’illustrer le concept d’animalité dans la musique métal. Pas au sens péjoratif du terme comme cela est le plus souvent présenté dans les grands médias (« musique bestiale« …) mais dans son sens noble, pour explorer la richesse de cet art musical. C’est pourquoi le concept de zôon des grecs anciens m’a paru intéressant. Le Zôon désignait « l’ensemble des êtres animés dotés d’une âme » et s’inscrivait dans une perception du vivant comme un continuum de l’animal jusqu’aux Dieux. L’analyse conceptuelle s’arrête là : il s’agissait pour moi de donner un sens aux séries de photos que je présente, et non de proposer une suite d’images pêle-mêle.
La crise COVID 19 a failli compromettre cette exposition qui devait initialement démarrer quelques jours après le début du confinement. Evidemment ce préjudice était totalement anecdotique en regard de l’impact qu’ont subi nombre de personnes du fait de cette crise. C’était juste une déception à titre personnel. Mais dès le début de la première phase de déconfinement, John Moleenar qui tient la galerie Trois Murs où est présentée l’exposition, m’a proposé un nouveau créneau qui venait de se libérer mais qui était très proche. J’ai évidemment foncé.
En matière de pratique photographique, cette crise COVID 19 et particulièrement la période de confinement m’a orienté vers une nouvelle thématique : les oiseaux. Je m’amusais de les imaginer constater que les humains étaient enfermés tandis qu’eux étaient plus libres que jamais… Je me suis donc passionné pour leur observation dans le but de les photographier.

Amandine : Revenons-en au metal. Quels groupes as-tu photographiés ? Des groupes locaux, des groupes internationaux ? Sur quelles scènes (salles et festival) ? En France, à l’étranger ? Préfères-tu faire des photos de concert en salles ou en festival ?

Ronan : Les groupes présentés dans l’exposition et, plus généralement, que je photographie, sont d’abord des groupes que j’apprécie. Mon approche est « artistique » pas « commerciale ». Je vais voir un concert et le photographier pour allier deux plaisirs. Les groupes sont très variables, français, internationaux, amateurs ou semi-pro. Ce sont rarement de purs professionnels car les sous-genres de métal que j’apprécie particulièrement restent des « niches » musicales peu rentables commercialement. Mais sur scène ce sont de vrais pros et je suis particulièrement impressionné par leur aisance et leur professionnalisme qui, jamais, n’altère leur passion, palpable par le public. C’est d’ailleurs cette passion que j’essaie d’exprimer dans mes images : l’émotion d’une image me semble plus importante et touchante que sa perfection technique.
A ce jour, je n’ai photographié que des concerts en France. Beaucoup sur les scènes de l’Ouest de la France (essentiellement Ferrailleur et Scène Michelet à Nantes, un peu le Chabada à Angers, voire Rennes), sinon à Paris et dans quelques autres régions françaises. J’affectionne particulièrement les salles à petites jauges qui permettent une proximité directe avec les musiciens et une immersion dans le public pour mieux « vivre » les photos. Cela dit, je vais régulièrement au Hellfest qui offre une richesse de programmation très appréciable (avec toujours des découvertes à la clé) et une ambiance d’une convivialité rare ; mais j’évite les Main stage : trop de monde et une programmation qui me convient moins que les autres scènes du festival.
Quant aux types de groupes qui sont présentés dans l’expo, je vais faire référence aux sous-genre de métal qu’ils pratiquent pour donner une portée plus générale, plus en accord avec l’esprit de l’expo. Sont donc représentés des groupes de sludge, de black et death métal, de post-métal, postcore, hardcore, doom, drone métal, screamo.

Amandine : As-tu le projet de faire éditer un livre à l’issue de ton exposition ? As-tu d’autres projets ?

Ronan : Le projet d’édition de livre « papier » représente pour moi un complément artistique d’une exposition ou un projet à part entière. Je suis attaché au « papier » et à l’objet « livre » – surtout quand il est beau – plutôt qu’au virtuel numérique (d’ailleurs je n’ai pas de compte sur les réseaux sociaux). Un tel projet m’intéresse pour « Métal Zôon », mais je n’ai, pour l’heure, rien de concret d’abord parce que je n’ai pas eu le temps de creuser cette piste (la photo, je le rappelle, est une passion mais j’ai un travail, chronophage lui aussi, à côté). J’ai, par ailleurs, investi personnellement dans le financement de l’exposition car j’ai particulièrement soigné les tirages que je voulais de qualité « tirages d’art ». J’aurais donc besoin de financements pour aller plus loin, vers un projet de livre.
J’en profite pour mentionner que l’exposition est modeste en taille (la galerie est petite) mais j’ai porté une attention particulière au choix des photos et à la qualité des tirages réalisés par le tireur professionnel de « l‘Atelier des photographes » à Angers, que je remercie pour ses conseils. Je veux aussi, et surtout, remercier John Moleenar de la galerie Trois Murs (https://www.troismurs.art/) qui me permet de proposer ce travail et qui m’a fait confiance, sans oublier Catherine Tacconi, la graphiste qui a fait l’affiche, et la mairie de la commune de Savennières où se déroule l’exposition.
Pour conclure, j’ai en tête plein d’autres projets photographiques (qui pourraient être sous forme d’expos ou de livres). J’en ai déjà initié certains, sur des thématiques très différentes. Mais j’aimerais aussi pouvoir présenter Métal Zôon ou d’autres travaux sur la photo de concert dans d’autres lieux et, si possible, mixer avec la photographie, les arts musicaux, picturaux, littéraires… par des collaborations avec des artistes variés.

 

Je remercie vivement Ronan Le Saux d’avoir pris un peu de son temps si précieux pour répondre à mes questions.

Ronan Le Saux a aussi photographié la biennale de ISMMS (International Society of Metal Music Studies) au Lieu Unique à Nantes du 17 juin au 20 juin 2019.

Galerie photo de Ronan Le Saux pour l’ISMMS en ligne : https://www.francemetalstudies.org/photos/